Stockholm, 26 août 2026 – La troisième journée de participation de la délégation de l’ABN à la Semaine mondiale de l’Eau 2026 a été marquée par une forte implication du Secrétaire Exécutif, S.E. Kocou Armand HOUANYE, dans deux Sessions internationales de haut niveau consacrées à l’avenir des Organisations de Bassins Transfrontaliers (OBT) pour un développement durable résilient et l’amélioration des conditions de vie des populations.
La première Session, intitulée « Table ronde des Leaders : Des organismes de bassin résilients au service des populations et du progrès », a réuni des Chefs de délégations de plusieurs OBT (ABN, CBLT, MRC, NBI, OKACOM) et institutions partenaires (BMZ, GIZ, ICPDR, IHE Delft).

Prenant part aux échanges, le Secrétaire Exécutif de l’ABN a présenté les principales pressions qui affectent aujourd’hui le Bassin du Niger, partagé entre neuf pays riverains : (i) exacerbation des impacts négatifs de la variabilité et du changement climatiques (inondations et sécheresses), (ii) dégradation des écosystèmes, pollutions d’origines diverses, (iii) besoins en eau sans cesse croissants pour les ménages, l’alimentation et l’énergie, mais également (iv) des contraintes financières, institutionnelles et sécuritaires.
Face à ces pressions, S.E. Kocou Armand HOUANYE a insisté sur l’importance de la coopération régionale et d’une approche transfrontalière entre autres pour :
- accélérer la planification, la mobilisation des financements requis et la mise en place des investissements structurants générant des bénéfices partagés ; et
- traiter des problématiques telles que celles des inondations, des sécheresses et des pollutions dont la gestion suppose des mécanismes conjoints impliquant par exemple le partage des données et informations hydroclimatiques.
Selon la vision portée par le Secrétaire Exécutif de l’ABN, l’enjeu n’est plus seulement de partager une ressource ; mais de maximiser les bénéfices partagés issus de la coopération et des investissements transfrontaliers portés conjointement par les Etats membres des OBT.
Trois priorités stratégiques ont notamment été mises en avant par le Secrétaire Exécutif de l’ABN :
- le développement des capacités collectives d’anticipation et de gestion des risques hydroclimatiques grâce à l’observation hydrologique, la télédétection, la modélisation, la modernisation des Systèmes d’alerte précoce ;
- le renforcement de la résilience des populations et des écosystèmes ; et
- le développement de mécanismes de financement durable des opérations des OBT, avec l’ABN à travers le processus en cours portant sur la création et l’opérationnalisation du Fonds Régional d’Adaptation au Changement Climatique dans le Bassin du Niger (FRACC/BN) pour la mobilisation des financements domestiques ainsi que ceux des guichets régionaux et mondiaux sur l’eau, climatiques et environnementaux.
La seconde Session, « Courants de coopération : Renforcer la résilience et le développement grâce à la coopération dans le domaine de l’eau », a porté sur la nécessité de mieux identifier, évaluer et communiquer les bénéfices de la coopération transfrontalière au-delà du seul secteur de l’eau.

À cette occasion, l’expérience du Bassin du Niger a permis de mettre en évidence quelques fonctions essentielles de la coopération et de la gouvernance autour des eaux partagées :
- le dialogue permanent entre acteurs étatiques, usagers de l’eau, communautés ;
- la mise en place des investissements structurants portés conjointement par les pays riverains et générant des bénéficies partagés pour la sécurité hydrique, la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique et la préservation des écosystèmes ;
- l’anticipation et la gestion collectives des risques hydroclimatiques ;
- la gestion pacifique des différends liés à l’usage à diverses fins des eaux transfrontalières.
Des messages forts ont émergé des échanges :
- les bénéfices de la coopération et le coût de la non-coopération autour des eaux transfrontalières sont multidimensionnels (financiers, économiques, social, culturels, environnementaux…) ;
- la nécessité d’évaluer et de quantifier dans la mesure du possible selon des approches méthodologiques éprouvées aussi bien les bénéfices de la coopération que le coût de la non-coopération autour des eaux transfrontalières ;
- l’importance de tenir compte des cibles (Décideurs politiques, Partenaires financiers, médias, populations..), des canaux de diffusion et des objectifs visés pour communiquer les bénéfices de la coopération et le coût de la non coopération autour des eaux transfrontalières ;
- le dividende de paix ne se limite pas à l’absence de conflit ; elle repose également sur la capacité des États à institutionnaliser le dialogue permanent, partager l’information, anticiper ensemble les risques, négocier, décider et à investir collectivement.
A travers la participation du Secrétaire Exécutif à ces deux Sessions, l’ABN réaffirme une conviction majeure : la coopération transfrontalière n’est pas seulement une nécessité de gouvernance des eaux partagée ; elle constitue un investissement stratégique dans la paix, la résilience, le développement durable, la stabilité et l’avenir des populations du Bassin du Niger.
